À propos

Avant propos de 2017 : Un vieux projet ressorti des cartons

Voilà bientôt dix ans que j’ai écrit ce texte dans le cadre de mon Master 2 à l’école du Louvre. Bientôt dix ans qu’il prend la poussière sur mes étagères au grand dam du bon sens. Il était grand temps de corriger le tir et le rendre accessible au plus grand nombre.

Le titre original de cette étude était :

Les vitraux de Francis Chigot et Pierre Parot à l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. De l’idée à leur dépose.

Rédigé et soutenu en 2009, ce texte de plus de 60 000 caractères est la première reconstitution d’envergure réalisée sur le programme de vitraux entrepris par Francis Chigot à l’abbatiale de Conques. J’espère qu’il ravira les amoureux du travail de ce maître-verrier.

Ce site est une découpe en articles du texte original. Si le ton est parfois jargonneux, le lecteur excusera le jeune écrivain dans sa vingtaine qui essayait de prouver à soi-même et à ses professeurs qu’il avait l’étoffe d’un chercheur en histoire de l’art (spoiler du futur : il ne l’a pas). Mais déjà à cette époque j’ai également essayé de le rédiger avec verve et gusto. Recherche et plaisir de lire sont trop souvent exclusifs. J’ai voulu prouver qu’il pouvait en être autrement.

Le texte est sous licence Creative Commons (BY NC – Attribution + Pas d’Utilisation Commerciale). Un exemplaire physique doit toujours être sagement classé à la bibliothèque de l’école du Louvre.

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Avant propos de 2009

Cette étude traite des vitraux de Francis Chigot et Pierre Parot à l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, de l’idée à leur dépose.

En 2003, l’année de mon baccalauréat, feuilletant le Vitrail roman de Louis Grodecki pour un exposé, je découvrais la technique du vitrail. J’étais aussitôt charmé par les trésors de patience et d’ingéniosité nécessaires. Quelques mois et plusieurs essais plus tard je débutais mon apprentissage dans un atelier de restauration de vitraux de Limoges, sous la direction du maître. J’y trouvais putois, Jean Cousin, coupures, poussières, l’odeur du mastique, le son limpide d’une roulette bien menée, la patience et la méticulosité. Ce fut également l’heure de ma première rencontre avec la mémoire du fondateur, Francis Chigot. Une baie de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques était enchâssée et exposée à la lumière de la grande baie vitrée de l’atelier de peinture.

La même année, un hasard me conduisit à trouver, enfouies sous une couche d’anciens cartons, les maquettes du projet réalisé pour Conques dans les années 1940. Après de menues recherches, je découvrais l’existence d’un fonds riche d’esquisses, de maquettes, de cartons, de mises au carreau, d’une correspondance, de registres de comptes…

Il m’était donc possible de traiter un ensemble artistique, mais aussi artisanal, avec la force de son caractère humain, et actuel par la présence de l’œuvre de Pierre Soulages. Lorsque débutèrent mes recherches, il me fallut arrêter un terminus post quem et un terminus ante quem : la nomination Maurice Berry et son intérêt rapide pour l’abbatiale, et la dépose des vitraux de Francis Chigot. Après quelques hésitations, je décidais d’aborder la création de Pierre Soulages. Je savais le dossier délicat et très sollicité par les écrits récents. Toutefois, l’éloquence des archives me convainquit de la causalité du nouveau projet sur la dépose.

Mon étude soulevait, a soulevé, et soulève encore de nombreux problèmes. En effet, le chantier de Conques est partagé entre passé et présent. Une partie de la documentation administrative et artistique est archivée à la Médiathèque du Patrimoine et aux Archives départementales de la Haute-Vienne. Mais une part importante de la documentation est conservée dans des archives privées car le chantier fut complété par l’atelier successeur. De plus, si la création de Pierre Soulages est louée par les auteurs d’histoire de l’art, le projet fit scandale. Tenu au devoir de réserve, les acteurs de sa réalisation font preuve de circonspection quant aux informations délivrées au compte-goutte. Certains ne souhaitent pas même évoquer le sujet. Un chantier, deux ensembles vitrés, autant de détracteurs et de défenseurs.  Ainsi, il fut souvent difficile, parfois impossible, de réunir une documentation exploitable. J’ai donc croisé les sources, autant que faire se peut, pour étayer les hypothèses, les réflexions, l’iconographie, et croiser l’information. Les archives sont lacunaires, l’iconographie des vitraux in situ inexistante et l’accès aux vitraux stockés repoussé. Enfin, les œuvres de Francis Chigot, et a fortiori celles de Pierre Parot, sont sous-représentées dans les études universitaires. En tout état de cause, mes requêtes restèrent fréquemment lettre morte et les pistes restent parfois esquissées.

La réalisation d’une campagne photographique et de documentation des vitraux actuellement stockés et/ou disséminés serait la prochaine étape indispensable. Ce corpus de qualité permettrait d’éclaircir bien des zones d’ombres quant à certaines localisations au sein de l’édifice, aux couleurs exactes des vitraux… Elle offrirait en outre un matériau de premier choix pour l’établissement d’un catalogue raisonné. Il conviendrait également d’établir un inventaire exhaustif des œuvres de Pierre Parot. Une étude de son œuvre prolixe et polymorphe permettrait d’en dégager plus sûrement les récurrences et/ou évolutions que mon étude n’a pu prétendre. Le fonds d’atelier de Francis Chigot, quoique réparti en plusieurs lieux, est d’une richesse stupéfiante tant par la qualité que par la quantité. Son œuvre pourrait occuper plusieurs années de recherche intensive.

Remerciements

Que soient remerciés :

Claude Massu, professeur en Histoire de l’architecture contemporaine, Université de Paris 1, pour avoir accepté de diriger ce mémoire.

Véronique David, Ingénieur d’études du Ministère de la Culture et de la Communication, Centre Chastel, Cellule Vitrail, pour ses précieux conseils.

Laure Jestaz, Conservatrice, Institut National d’Histoire de l’Art, pour ses relectures et son avis avisé.

Ainsi que :

Mmes Mathivet et Pouyaud, Mme Martine Tandeau-de-Marsac, M. Louis Causse, Didier Bayle et l’équipe de l’Atelier du Vitrail, pour leur disponibilité et leur aide.

Rémi Mercier