Soulages à Conques : un projet entériné, la dépose des vitraux Chigot confirmée

Le 30 mai 1988, la Commission supérieure des Monuments historiques entérine le projet de dépose en quelques lignes lapidaires. « Les vitraux actuels, datant de 1953, doivent être remplacés par des œuvres de Soulages. (…) Les vitraux actuels devront être mis en caisse et conservés au moment de l’installation des nouvelles verrières » [536]. En dépit des réticences de Patrice Beghain et des propositions de Bertrand Rossi de maintenir « à titre documentaire quelques vitraux en place » [537], et celle de Jean-Pierre Bady qui souligne que le « maintien en place ou une présentation au public trouvera vraisemblablement bon nombre de défenseurs » [538], la dépose complète des vitraux de Francis Chigot est acceptée.

En effet, de l’avis « de tous les spécialistes qui  ont vu la création de Pierre Soulages et les vitraux de F. Chigot et P. Parot, la cohabitation est impossible » [539]. Rappelons que pour la cathédrale de Nevers, la Commission supérieure des Monuments historiques émet des réserves quant à « un risque de déséquilibre compte tenu de la diversité des intervenants et du besoin de chaque artiste de se différencier » [540]. Réserver à chacun des deux artistes une part de l’édifice, comme le suggère Patrice Beghain [541], aurait rompu l’essence même de l’architecture conquoise, « un lieu pour l’homme en chemin » [542].

Le cheminement du pèlerin au sein de l’édifice (microcosme) se conçoit comme la transposition du voyage (macrocosme), avec un début, un déplacement et une fin ouverte. Le symbolisme est riche quant à cette succession d’état, du repentir sincère – début d’une nouvelle vie vertueuse – à la mort du corps et à la résurrection de l’âme [543].

Ce cheminement se pense de plusieurs façons. Tout d’abord, le pèlerin trace une ellipse dans l’édifice, une révolution autour du chœur. Le pèlerin entre par le portail gauche, comme le souligne Christian Heck [544], orientant ses pas vers le collatéral nord, côté des représentations ante legem et sub legem. Le pèlerin pénètre dans le déambulatoire après avoir contemplé les baies du transept. Ce lieu est moins élevé que la nef centrale et invite au recueillement. Si le vaisseau et le chœur attirent le fidèle vers les cieux, le déambulatoire se présente comme la matérialisation à la surface des parcours de recueillement des cryptes [545]. La répétition, la déclinaison du motif circulaire invite par le mouvement concentrique à un retour en soi. La crucifixion est entourée des chapelles rayonnantes et échelonnées qui préfigurent et se font l’écho du martyr christique. Puis le fidèle clôt son parcours orbital par le transept et le collatéral sud –  il est maintenant entré dans le temps sub gratia – pour ressortir par le portail droit. L’harmonie d’un tel cheminement est rendue possible par la cohésion d’un programme vitré, un ensemble plastique et sémantique homogène. Si Pierre Soulages avait obtenu le seul chœur, le changement fondamental de lumière aurait rompu l’harmonie de ce trajet. Il était indispensable que soit respectée cette spécificité de l’architecture de Sainte-Foy de Conques. La « cohabitation » est impossible.

Le 28 juin 1988, Monique Barbaroux, directeur du Centre national des Arts plastiques, écrit que M. François Léotard, ministre de la Culture, a confirmé le « projet à l’artiste Pierre Soulages, par lettre du 31 juillet 1987 » [546]. La Délégation aux Arts plastiques, « en plein accord avec la Direction du Patrimoine a, sur ces bases, passé un contrat avec Pierre Soulages, d’un montant de 300 000 F pour une étude de conception de l’ensemble des vitraux de l’église ». La note précise que si l’étude préalable est approuvée, un second contrat « concernant les cartons d’exécution pour les vitraux du chœur et du transept » sera passé. Monique Barbaroux rappelle qu’aucune objection de principe n’a été formulée par la Commission supérieure des Monuments historiques [547]  et qu’un cahier des charges, que nous avons étudié précédemment, a été fourni à l’artiste. Une réunion technique est prévue le 7 juillet 1988 pour mettre « au point définitivement l’étude que doit remettre prochainement Pierre Soulages » [548]. Les ayants droit ont été, selon la note, prévenus. Dès lors, les différentes étapes du projet, dont la dépose des vitraux de Francis Chigot et Pierre Parot, se mettent en place.

La préparation de la dépose.

Il est délicat d’établir avec précision le planning de la dépose car plusieurs opérations se superposent et s’influencent, et les archives sont lacunaires. Notre point de départ est la commande de M. Léotard en 1987 des études à Soulages. Ce dernier dispose d’un délai de cinq années [549] pour réaliser les études des vitraux de l’abbatiale. Après une longue phase de recherche, la dépose est rapidement réalisée. Mais qu’en est-il des conditions et de la documentation nécessaire lorsqu’est déposée l’intégralité d’un programme cohérent ?

La phase de recherche.

Le 13 septembre 1989, Dominique Bozo préside une réunion qui « avait pour but d’esquisser un calendrier de réalisation de l’opération, le Ministre souhaitant que ce dossier se concrétise » [550]. Cependant « le choix définitif du verre à employer n’étant pas arrêté, la pose du vitrail prototype est prévue fin 1989-début 1990 ». De plus, les 400 m2 de verre réclamés par l’artiste ne pourront être produits qu’au 2ème semestre 1990 selon l’usine Saint-Gobain. Constatons que seize mois après la confirmation du projet par la Commission supérieure des Monuments historiques, le projet est évalué à 4,8 millions de francs. L’opération devra donc être réalisée sur « 2 à 3 exercices », compte tenu des coûts et délais de fabrication.

Le 18 septembre 1989, Jean-Pierre Bady confirme que le « calendrier de réalisation du projet de Pierre Soulages ne peut encore être établi », la « technique de réalisation des verres n’étant pas actuellement définie » [551].

Au 7 novembre 1991, François Barré, délégué aux arts plastiques, souhaite voir le chantier « sortir de la phase de recherches » [552]. Le verre n’est pas conçu et la verrerie Saint-Just, filiale de Saint-Gobain, n’a pas été retenue. Les responsables du chantier se tournent vers l’entreprise allemande Klinge. Il est précisé que « M. Soulages ira avec J-D. Fleury et B. Salmon en Allemagne pour préciser le cahier des charges des plaques de verres ».  Le budget est révisé à « environ 6 MF », incluant la dépose des anciens vitraux et la pose d’une clôture provisoire dans un délai de dix-huit mois par le maître verrier Jean-Dominique Fleury.

La phase de production.

Le 19 février 1992, le relevé de conclusions nous informe que quatre phases ont été décidées [553] :

  1. « une phase d‘intervention sur l’édifice avec dépose et stockage des vitraux existants, dépose et pose des barlotières neuves : ces travaux préparatoires permettront au maître verrier de prendre les mesures exactes de l’existant » et la réalisation d’une « palette d’essais (…) réalisée par le fournisseur »
  2. « la poursuite de la production du verre »
  3. « l’achèvement de la production du verre » et « la poursuite de la fabrication des vitraux et de la pose »
  4. « l’achèvement de la fabrication des vitraux et de la pose »

Les archives ne conservent malheureusement pas le calendrier prévisionnel originalement attaché à cette note. Cependant, le chantier semble cette fois entrer dans une phase de réalisation, puisqu’est mentionnée la nécessité d’établir les contrats de Pierre Soulages, Jean-Dominique Fleury et l’entreprise Klinge. En outre, François Barré adresse au Ministre un exemplaire de courrier – non conservé – ayant pour but « d’officialiser la réalisation du projet » [554].

Le 13 mai 1992, Jack Lang, ministre de la culture, confirme au maire de Conques que la pose des nouveaux vitraux est prévue en 1993 [555].

Le 10 août 1992, Jack Lang informe Suzanne Védrine que la « commande des nouveaux vitraux est désormais dans la phase effective de réalisation » et que les travaux doivent « débuter actuellement par la dépose des verrières de la nef » [556]

Le maître verrier, Jean-Dominique Fleury, signe entre-temps un devis estimatif le 19 mars 1992 dans lequel sont chiffrés la dépose et le reconditionnement des vitraux de Francis Chigot pour 62500 francs [557]. Enfin, nous savons qu’au 18 novembre 1993, la dépose des vitraux est achevée [558].

Les conditions et la documentation de la dépose.

Peu avant le début des travaux, Mme Suzanne Védrine, ayant droit de Francis Chigot, est assurée que toutes « les précautions sont prises (…) afin que ces précieux vitraux soient déposés avec le maximum de soin et conservés dans des caisses spécialement conçues pour offrir les garanties optimales de sauvegarde, en attendant leur présentation » [559]. Les caisses [560] sont fabriquées par l’entreprise Bringuier [561]. Il ne nous a pas été permis d’accéder à ces caisses, ni d’en étudier les spécificités.

Les vitraux sont stockés dans le croisillon nord pour la durée du chantier. Chaque sortie de vitrail est soumise à une stricte procédure de décharge documentée dont Jean-Dominique Fleury a la charge [562]. Ce dernier ne dispose cependant « d’aucune documentation ni d’aucune photo » [563] relative à cette phase des travaux. Une cinquantaine de caisses sont aujourd’hui conservées dans un local appartenant à la municipalité [564].

Il nous est apparu qu’aucune campagne photographique n’a été menée avant ou après la dépose. On retrouve quelques photographies prises par les différents acteurs du projet Soulages dans les archives [565], mais pas de documentation iconographique ad hoc [566]. Cette pratique est contraire aux exigences de transmission du savoir communément admises par le ministère de la Culture [567].

La seule documentation de qualité consiste en un relevé réalisé par Louis Causse – Architecte des bâtiments de France. Il compile un recensement exhaustif des baies, leur répartition par type de vitrail (figuratif, vitrerie, entrelacs), leur emplacement figuré sur des élévations et des plans, une copie du rapport du 29 janvier 1942 de Maurice Berry, et un descriptif détaillé de chaque vitrail.

La numérotation des baies ne tient pas compte de la norme de numérotation artificielle définie dans l’ouvrage Vitrail : vocabulaire typologique et technique : « Les numéros impairs correspondent au côté nord, les numéros pairs au côté sud » [568]. Dans le cas du relevé de Louis Causse, la fenêtre axiale est notée « 1 » et les baies qui la flanquent, « 2 » au nord et « 3 » au sud. La numérotation se poursuit de manière continue autour de l’édifice, rez-de-chaussée, premier étage et tour-lanterne, toujours du sud vers le nord. En dépit d’une numérotation anecdotique, on tire grand profit des plans et des représentations des élévations extérieures qui indiquent clairement l’emplacement des baies.

Une seconde série de plans rend compte de la situation des vitraux par catégorie. On relève les « vitraux figuratifs », les « vitraux symboliques », les « vitraux à entrelacs ou géométriques très clairs ou blancs », les « vitraux à entrelacs de coloration moyenne » et les « vitraux à dessins géométrique (sic) de coloration foncée » [569].

Le descriptif des vitraux regroupe le numéro d’identification, la localisation, les caractéristique de la baie (forme, dimensions), la nature du vitrail, la figuration, l’exposition (orientation, lumière, transparence), les similitudes et unités, et des observations diverses.

L’intérêt de ce document, outre le fait qu’il soit l’unique documentation avant dépose, est d’attirer l’attention du chercheur sur certaines zones d’ombre du chantier. Les fenêtres hautes du fond de l’abside appartiennent à un cas de figure confus. Trois cartons conservés aux Archives départementales de la Haute-Vienne représentant saint Pierre, Jésus Sauveur et saint Paul sont associés à ces trois baies. Les mentions manuscrites sont identiques à celles relevées sur les autres cartons. Pourtant, les archives privées conservent des traces de projets différents mais uniquement sous la forme de maquettes [570]. Nous sommes alors en présence de projets de vitraux à motifs symboliques. Le caractère postérieur d’un carton sur la maquette peut conduire le chercheur à accréditer la thèse d’un vitrail figuratif.

Annexe 30 Chigot (Francis). Maquette, « une des baies au-dessus du choeur », 1942, Abbatiale Sainte-Foy de Conques. Gouache sur papier. Archives privées, Atelier du Vitrail, Limoges.

C’est le descriptif de Louis Causse qui infirme cette hypothèse et signale très clairement la présence d’un vitrail au « décor symbolique fortement coloré ». La couverture photographique menée par Francis Chigot statue définitivement sur ce cas et confirme la production de trois baies à motif symbolique dont l’intensité colorée est visible en dépit d’un cliché noir et blanc. On trouve mention de deux vitraux représentant saint Pierre et saint Paul en pied dans les baies de la façade ouest. Mais en comparant le relevé, les maquettes, les cartons et les clichés de Francis Chigot, les deux représentations sont liées à l’unique carton dessiné à l’encre de chine, d’une facture franche et vigoureuse. Rappelons que les cartons qui nous occupent actuellement ne possèdent pas ce caractère sculptural. Ces trois vitraux n’apparaissent pas sur le relevé scrupuleux de Louis Causse, nous mettant face à une énigme. Ces vitraux par leur style, la dimension de la vue et leur iconographie [571] appartiennent indéniablement au chantier de Conques. Mais quel fut leur emplacement, il nous est impossible de répondre. La campagne photographique de Chigot est somme toute parcellaire, et l’indigence de l’iconographie officielle est un frein sérieux à la restitution complète d’un programme d’ensemble.

La présentation des vitraux déposés.

Lorsque la décision est prise par la Commission supérieure des Monuments historiques de déposer les vitraux, la solution d’une conservation en caisse de l’ensemble est envisagée [572]. Cependant, la conscience d’un attachement de la population aux vitraux existant apparaît peu à peu dans la réflexion des services culturels. « Ces vitraux sont très appréciés par tout un public et leur maintien en place ou une présentation au public trouvera vraisemblablement bon nombre de défenseurs » [573]. Répondant aux insistances multiples, le ministère de la Culture, la Délégation aux Arts plastiques, la Direction régionales des Affaires culturelles envisagent la possibilité d’une présentation de quelques verrières de Francis Chigot. On propose alors diverses solutions : réimplantation dans un autre édifice, exposition au sein de l’enceinte de l’abbatiale, don au Musée d’Orsay, vente à une collectivité publique ou à un tiers privé, etc…

Les solutions non retenues.

La réutilisation dans un autre édifice.

Cette option est sérieusement considérée par la Direction régionale des Affaires culturelles lorsqu’en 1989, Jean-Pierre Bady écrit : « Les vitraux historiés, auxquels la population reste attachée, pourraient être réutilisés dans une autre église de la région » [574]. Il précise que la DRAC « recherche d’ores et déjà un édifice adapté à cette opération ». Relevons qu’en 1988, Jean-Pierre Bady soulève pourtant la difficulté d’une « réutilisation des vitraux de Chigot dans un autre édifice religieux (…) compte tenu de leur iconographie, propre à Ste Foy (sic), et leur caractère stylistique » [575].

Le 7 novembre 1991, il est convenu que « la fragilité des vitraux conduit à abandonner l’idée d’une réinstallation dans un autre édifice » [576]. Face aux connaissances actuelles sur le vieillissement des vitraux, on peut s’interroger sur la validité d’un tel argument. Il apparaît qu’une réimplantation dans un autre édifice engagerait de lourdes dépenses. Des travaux devraient être envisagés sur l’édifice hôte et sur les vitraux (remise à la mesure, reconfiguration des armatures).

Une présentation muséographique dans l’enceinte de l’abbatiale.

On estime bientôt souhaitable « de conserver absolument à Conques un groupe de verrières dont les sujets traités sont très étroitement liés au lieu – le cycle de la vie de saint Benoît, la création de l’ordre des Prémontrés et les verrières du mystère de sainte Foy » [577]. Leur présentation pourrait s’organiser « sur place, par cycles d’expositions temporaires » [578].

Cette solution retiendra longtemps l’intérêt des différents acteurs du projet de Pierre Soulages. La localisation exacte est cependant variée. Jean-Pierre Bady écrit que la « réimplantation et leur présentation au public dans les parties hautes du clocher de Conques qui sont suggérés (sic) par l’Architecte des Bâtiments de France pourraient être étudiées » [579]. Cette solution n’est cependant pas retenue en raison du manque d’espace.

Les tribunes de la nef et de l’abside sont projetées en un espace d’exposition pour une quinzaine de verrières. Des travaux importants sont cependant indispensables pour envisager un accès du public : stabilisation du sol, mise en conformité électrique et création d’un éclairage électrique [580].

Marie-Anne Sire propose une présentation de type « muséographique » dans le cadre de l’aménagement du Trésor. Plusieurs verrières pourraient alors prendre place dans « la salle consacrée à l’orfèvrerie de pèlerinage du XIXème siècle » [581]. Il serait possible d’y présenter les vitraux sur le « mur ouest de manière à permettre une lecture cohérente de leur iconographie » [582]. Néanmoins, il apparaît rapidement que le Trésor n’est pas une solution satisfaisante. Les espaces sont trop « étroits » et n’offrent ni le recul ni la sécurité nécessaires pour les visiteurs [583]. De plus, Pierre Soulages a fait part « de son désaccord, pour des raisons esthétiques » [584].

Une présentation au Musée d’Orsay.

L’unique mention de cette démarche est rapportée par Michel Rebut-Sarda. Sans précision, il écrit que cette possibilité a été « évoquée à une certaine époque par M. Hubert Védrine » [585]. Le musée n’a finalement pas retenu cette éventualité.

La vente des vitraux.

On ne trouve qu’une unique mention de cette alternative audacieuse. Touchant à un patrimoine sacré, l’audace de cette option est à la fois dans sa seule formulation et dans le détail de sa projection. En outre, cette solution aurait nécessité l’intervention directe du ministre de la Culture, puisque c’est sous sa demande qu’un déclassement peut être voté au Conseil d’Etat. Toutefois, la conscience d’un flou juridique quant à la propriété réelle des vitraux est indéniable. Le paragraphe commence ainsi : « Il est difficile de déterminer la valeur marchande de ces vitraux dans la mesure où il n’existe pas actuellement de marché pour de telles œuvres » [586]. Cependant l’étude des possibilités offertes se poursuit. Nous retranscrivons les paragraphes suivants dans leur intégralité.

« Leur vente à une collectivité publique est possible, et leur vente à une personne privée semble également possible mais implique une procédure lourde et complexe, s’agissant d’un édifice classé Monument Historique appartenant à une commune et affecté au culte.

En première analyse, il semble que cette opération implique, s’agissant d’un immeuble devenu meuble :

Le déclassement par décret en Conseil d’Etat après l’avis de la Commission supérieure des Monuments Historiques ;

L’accord de la commune et le passage du domaine public au domaine privé communal ;

L’accord du clergé et la désaffectation cultuelle. » [587]

Cette procédure est extrêmement lourde administrativement et très rare. Les vitraux ont une valeur marchande qu’il est délicat d’évaluer. Peu manipulables, ils nécessitent des aménagements lourds pour une présentation satisfaisante.

Les solutions retenues.

Une présentation gérée par la municipalité.

La volonté du maire de Conques, Pierre Riom, de prendre en charge la présentation des vitraux existants se manifeste rapidement. C’est pourquoi des « solutions sont envisagées pour en présenter une partie sur place, par cycles d’expositions temporaires, en liaison avec la municipalité » [588].

Jack Lang répond aux « inquiétudes soulevées par le remplacement des verrières existantes » [589] et exprimées par les ayants droit de Francis Chigot. De fait, il indique avoir donné son accord de principe au maire de Conques, pour que les vitraux puissent être rassemblés, « selon le vœux de la municipalité », dans le futur centre international d’art roman en construction [590]. Son successeur, Jacques Toubon, en confirme la réalisation [591] auprès d’Hubert Védrine [592]. Cependant, une lettre de Jacques Toubon, datée du même jour, est adressée au député de l’Aveyron, Jacques Godefrain, et privilégie une exposition dans le Trésor, au cœur de l’abbatiale [593]. Nous l’avons vu, le Trésor se révèlera inadapté à la monstrance des vitraux de Francis Chigot.

L’une des solutions finalement retenues est la présentation des verrières illustrant la vie de sainte Foy au Centre européen d’Etude de la Civilisation Médiévale. Les vitraux y seront exposés sur châssis avec un éclairage arrière [594].

Une présentation gérée par les Prémontrés.

L’ordre des Prémontrés souhaite rapidement conserver en ses locaux les baies de la vie de saint Norbert, fondateur de l’ordre. La communauté vivant à Conques, il semble important aux services culturels de maintenir vivant le lien qui l’unit à l’abbatiale. Il apparaît en revanche que la municipalité est réticente à une telle solution [595]. Abraham Bengio, le directeur régional de la DRAC Midi-Pyrénées, écrit : « Nous nous heurtons cependant à une hostilité de principe du maire (…) qui ne souhaite pas que les vitraux déposés soient présentés dans des lieux autres que ceux appartenant à la commune » [596] . Cette solution sera malgré tout retenue et reste à ce jour la seule conservée en l’état [597].

Notons enfin que quelques baies à motifs symboliques, originalement posées dans le transept, ont été acheminées à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne). Ville natale de Pierre Parot, Condat dispose d’un centre socioculturel, l’Espace Confluence, dans lequel devaient être exposées ces baies [598]. L’une d’entre elle est encore entreposée à l’Atelier du Vitrail (Limoges).

Les recours à la dépose.

Le projet de dépose des vitraux de Francis Chigot soulève de nombreuses protestations et « consterne les fidèles et pèlerins » [599]. Réactions d’indignation, demandes de recours et pétition sont autant d’aspects d’une défense acharnée des vitraux existants. Les services culturels jonglent alors avec des réactions de natures diverses, dont l’aveu, l’omission et le conditionnel sont des récurrences. Une note de François Barré à l’attention du ministre de la Culture Jack Lang est révélatrice des interactions entre les défenseurs des vitraux existants et les services de la culture.

« Ce courrier a pour objectif d’officialiser la réalisation du projet, qui, bien qu’il soit pris en charge financièrement en totalité par l’Etat, est lié à un bâtiment dont la propriété est municipale. Il vise aussi à éviter toute nouvelle interrogation concernant le dépôt des vitraux existants. Je rappelle, en effet, que des inquiétudes se sont manifestées sur le sort des verrières actuelles. » [600]

Malgré un avancement rapide du chantier dont les recherches sont terminées et les contrats  de réalisation vraisemblablement signés [601], le projet n’a pas encore été rendu public. Conscient de l’attachement des pèlerins aux vitraux existants [602], le ministère souhaite visiblement retarder et minimiser les protestations. L’officialisation du projet tardive rend aussi les recours inopérants.

Les ayants droit.

Les ministres de la Culture, Jack Lang puis Jacques Toubon, sont intervenus personnellement auprès des ayants droit – Mme Suzanne Védrine et M. Hubert Védrine. La première est assurée des précautions prises pour que « ces précieux vitraux soient déposés avec le maximum de soin » et des « garanties optimales de sauvegarde, en attendant leur présentation » [603]. Le second est assuré d’une présentation dans le futur Centre d’art et de civilisation médiévale de Conques [604].

L’association des anciens élèves de l’Ecole nationale professionnelle de Limoges.

L’association des anciens élèves de l’Ecole nationale professionnelle de Limoges où enseigna Pierre Parot fait parvenir un recours au ministère de la Culture [605]. Soutenue par Jean-Claude Peyronnet (sénateur de la Haute-Vienne), la requête motivée est accompagnée d’un dossier de presse rappelant le déséquilibre financier entre le budget attribué à Conques et les nombreuses églises privées de subventions, les divergences de l’opinion face aux travaux urbanistes des années 1990, le projet Soulages et une biographie de Pierre Parot. La missive procède plus d’une volonté de persuader que de convaincre. Les arguments renvoient aux grands thèmes des défenseurs des vitraux de Francis Chigot – irrévérence de Pierre Soulages [606] et du ministère à l’égard de leurs prédécesseurs respectifs et de la vox populi, scandale financier [607], pertinence du choix de l’artiste. La colère et l’impuissance sourdent de cette missive dont on ne retire aucune rhétorique, trop peu de preuves ad hoc pour influencer le processus de réalisation des nouveaux vitraux. En outre, l’absence de fortune critique du chantier [608] prive l’association d’un argument fort. La requête ne donne d’ailleurs pas suite à une réponse directe à l’association, mais à l’intermédiaire Jean-Claude Peyronnet.

François Barré rappelle au député-maire que le protocole a été respecté : consultations du Clergé et de la Commission supérieure des Monuments historiques, réponses aux inquiétudes du président du Comité économique et social du Limousin – Georges Constanty –, et aux héritiers de Francis Chigot [609]. Il est à relever que les personnalités politiques et/ou impliquées dans la vie publique se sont également manifestées.

Les personnalités politiques : intermédiaires.

En plus de Jean-Claude Peyronnet, député de la Haute-Vienne, Georges Constanty, président du Comité économique et social du Limousin, et Hubert Védrine, secrétaire général de l’Elysée, on relève essentiellement des responsables régionaux.

Alain Rodet, député de la Haute-Vienne et maire de Limoges, sert d’intermédiaire à la requête de l’association des anciens élèves de l’Ecole nationale professionnelle de Limoges [610]. Jacques Godefrain, député de l’Aveyron et questeur de l’Assemblée nationale, attire l’attention de Jacques Toubon sur la proposition de Bertrand Rossi [611].

Bertrand Rossi, avocat au barreau de Paris, est l’auteur de l’unique article documenté sur le chantier de Francis Chigot à Conques et le projet Soulages [612]. Il propose la conservation à titre documentaire de quelques baies au sein de l’édifice. En phase avec les conclusions des théories de la conservation préventive, sa suggestion procède de la conservation d’un « témoignage de l’œuvre des prédécesseurs » [613]. A l’heure où il écrit au député Jacques Godefrain, seuls les quatre vitraux de la partie haute du transept – le martyre et les miracles de sainte Foy – ne sont pas encore déposés. Les conserver, en plus d’un geste symbolique, apaiserait selon lui les défenseurs des vitraux existants. En dépit de sa requête motivée et documentée, la cohabitation entre les deux artistes est jugée « impossible » [614]. En outre Pierre Soulages fait part « de son désaccord, pour des raisons esthétiques » [615].

Conclusion.

Lorsqu’en 1987, le ministre de la Culture, Jack Lang, manifeste son désir de voir confier à Pierre Soulages une création de vitraux pour l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, la démarche créative est déjà approfondie. Le projet de la cathédrale de Nevers est un semi échec pour l’artiste ruthénois. En compensation, on propose à Pierre Soulages un nouveau site à orner. Il s’avère que c’est l’abbaye cistercienne de Sylvanès [616] qui a en premier lieu, retenue l’attention de l’administration. La réflexion du peintre s’est amorcée dans ce lieu jugé ensuite inadéquat. Il serait intéressant, mais hors du propos de notre étude, de s’interroger sur la permanence et les répercussions d’une réflexion amorcée en un lieu cistercien et clôt en un espace bénédictin. Toutefois, lorsque l’abbatiale Sainte-Foy est désignée comme site support à la création de Pierre Soulages, les vitraux de Francis Chigot sont condamnés. Ce qui ne doit être qu’une étude évolue rapidement en un projet concret pour lequel une véritable réflexion est menée et de l’argent investit. La dépose n’est programmée que tardivement mais réalisée en un court laps de temps. Ainsi, les requêtes, qu’elles émanent de particuliers ou de personnes publiques, se caractérisent par leur caractère anachronique. D’abord, les inquiétudes sont exprimées avant la phase de production du projet. Comme le souligne Bertrand Rossi, la Délégation aux arts plastiques passe un « contrat d’études » avec Pierre Soulages, statut pratique car rendant infécondes les protestations. En effet, lorsque Jack Lang confirme qu’un « projet est à l’étude  actuellement », c’est « l’hypothèse d’une éventuelle dépose » [617] des vitraux de Francis Chigot qu’il souligne. Puis, les vitraux sont déposés entre le 10 août 1992 et le 18 novembre 1993 [618]. Les recours arrivent trop tard.

Notes

  • [536] Commission supérieure des monuments historiques, rapport de la séance du 30 mai 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [537] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [538] Bady (Jean-Pierre), Note du 15 juillet 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [539] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [540] Commission supérieure des monuments historiques, rapport de la séance du 30 mai 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [541] Beghain (Patrice), Courrier du 27 février 1987. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [542] Heck (Christian), op. cit., p. 33.
  • [543] Voir notamment la savoureuse étude : Heck (Christian), L’échelle céleste dans l’art du Moyen-Age, qui retrace à partir de la vision de Jacob à Bethel (GN 28, 10-22), la richesse du symbolisme du déplacement du corps.
  • [544] Heck (Christian), op. cit., p. 33.
  • [545] Notons par exemple les cryptes, de la cathédrale de Clermont-Ferrand, de Saint-Philibert de Tournus et de Saint-Etienne d’Auxerre, dont déambulatoire ouvre à l’est sur des chapelles et au centre sur la confessio.
  • [546] Barbaroux (Monique), Note à l’attention de Francis Beck, 28 juin 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [547] Commission supérieure des monuments historiques, rapport de la séance du 30 mai 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [548] Barbaroux (Monique), Note à l’attention de Francis Beck, 28 juin 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [549] Par lettre ministérielle n°87715 du 31 juillet 1987 dans Rossi (Bertrand), « Conques : l’affaire des vitraux » dans Sites et Monuments, n°141, 2ème trimestre 1993, p. 10.
  • [550] Note à l’attention de Jean-Pierre Bady, 14 septembre 1989. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [551] Bady (Jean-Pierre), Note à l’intention de M. Simoneau, 18 septembre 1989. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [552] Barré (François), Compte-rendu de la réunion du 7 novembre 1991. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [553] Relevé de conclusions de la réunion du 17 février 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [554] Barré (François), Note du 15 avril 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [555] Lang (Jack), Courrier du 13 mai 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [556] Lang (Jack), Courrier du 10 août 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [557] Fleury (Jean-Dominique), Devis estimatif de réalisation de vitraux, 19 mars 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [558] Larpin (Dominique), Compte-rendu de la réunion de chantier du 18 novembre 1993. Médiathèque du Patrimoine, DOE 1634.
  • [559] Lang (Jack), Courrier du 10 août 1992 à Suzanne Védrine. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [560] Marché obtenu par l’entreprise Bringuier
  • [561] Larpin (Dominique), Compte-rendu de la réunion de chantier du 22 juillet 1993. Médiathèque du Patrimoine, DOE 1634.
  • [562] Idem.
  • [563] Fleury (Jean-Dominique), Communication écrite du 6 avril 2009.
  • [564] Causse (Louis), Communication orale du 18 août 2009.
  • [565] Archives Lavedan. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [566] Il semblerait qu’un devoir de réserve, sinon de discrétion, ait entouré la dépose des vitraux de Francis Chigot.
  • [567] Loi n°2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux Musées de France, Article 2, paragraphe d) : « Contribuer aux progrès de la connaissance et de la recherche ainsi qu’à leur diffusion ».
  • [568] Blondel (Nicole), Vitrail : vocabulaire typologique et technique, p. 424.
  • [569] Causse (Louis), Relevé. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [570] Cf. Annexe 30.
  • [571] Rappelons que l’abbatiale à longtemps été placé sous la dédicace du Saint-Sauveur.
  • [572] Commission supérieure des Monuments historiques, scéance du 30 mai 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [573] Bady (Jean-Pierre), Note du 7 novembre 1988. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [574] Bady (Jean-Pierre), Note du 18 septembre 1989. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [575] Bady (Jean-Pierre), Note du 7 novembre 1988 à l’attention du directeur du Cabinet. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [576] Compte rendu de la réunion du 7 novembre 1991. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [577] Idem.
  • [578] Ibid.
  • [579] Bady (Jean-Pierre), Note du 7 novembre 1988 au directeur du Cabinet. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [580] Rebut-Sarda (Michel), Note du 16 août 1993 à Bernard Notari. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [581] Rebut-Sarda (Michel), Note du 29 juin 1993 à Bernard Notari. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [582] Sire (Marie-Anne), Courrier du 21 janvier 1994 à Aline Tomasin. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [583] Sire (Marie-Anne), Note du 17 février 1994 à Aline Tomasin. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [584] Bengio (Abraham), Courrier du 28 février 1994 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [585] Rebut-Sarda (Michel), Note du 29 juin 1993 à Bernard Notari. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [586] Bady (Jean-Pierre), Note du 7 novembre 1988 au directeur du Cabinet. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [587] Idem.
  • [588] Compte rendu de la réunion du 7 novembre 1991. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [589] Barré (François), Courrier du 11 janvier 1993. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [590] Lang (Jack), Courrier du 10 août 1992 à Mme Suzanne Védrine. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [591] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Hubert Védrine. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [592] Nous rappelons que M. Hubert Védrine est l’un des ayants droit de Francis Chigot. Il occupait alors le poste de secrétaire général de la Présidence de la République auprès du président François Mitterrand.
  • [593] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [594] Sire (Marie-Anne), Note du 17 février 1994 à Aline Tomasin. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [595] Rebut-Sarda (Michel), Note du 16 août 1993 à Bernard Notari. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [596] Bengio (Abraham) Courrier du 4 février 1994. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [597] Bengio (Abraham), Courrier du 28 février 1994 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [598] Milhac (Jules), « Condat offre une deuxième vie à sainte Foy « défenestrée » à Conques » dans Le Sillon, septembre 1995, n°9, p. 14-15.
  • [599] Peyronnet (Jean-Jacques). Courrier du 19 juillet 1993 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [600] Barré (François), Note du 15 avril 1992 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [601] Relevé de conclusions de la réunion du 17 février 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [602] Bady (Jean-Pierre), Note du 7 novembre 1988 au directeur du Cabinet. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [603] Lang (Jack), Courrier du 10 août 1992 à Suzanne Védrine. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [604] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Hubert Védrine ; Védrine (Hubert), Courrier non daté à Jacques Toubon. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [605] Dossier reçu le 11 décembre 1992. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [606] « Le respect, maître mot du Maître » dans Centre Presse, 5-6 juin 1992, (n.p.).
  • [607] R. (A.-M.), « Les trésors encombrants des petites communes » dans Le Figaro, 30 janvier 1992, (n.p.).
  • [608] Cf. Infra. : « La réception du chantier de Conques », 3.1.
  • [609] Barré (François), Courrier du 11 janvier 1993. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [610] Barré (François), Courrier du 13 décembre 1992 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [611] Toubon (Jacques), Courrier du 15 juillet 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [612] Nous rappelons que Bertrand Rossi a été autorisé à compulser les archives du chantier de Francis Chigot et ceux du chantier de Pierre Soulages. Il a également interrogé les acteurs de ces projets dans une « indépendance totale ». Cf. Rossi (Bertrand), « Conques : l’affaire des vitraux » dans Sites et Monuments, n°141, 2ème trimestre 1993, pp. 6-16.
  • [613] Rossi (Bertrand). Courrier du 12 mai 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [614] Toubon (Jacques). Courrier du 15 juillet 1993 à Jacques Godefrain. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [615] Bengio (Abraham), Courrier du 28 février 1994 au ministre de la Culture. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [616] Causse (Louis), Communication orale du 18 août 2009.
  • [617] Lang (Jack), Courrier du 22 mars 1991 à Georges Constanty. Médiathèque du Patrimoine, 0081/012/0006.
  • [618] Larpin (Dominique), Compte-rendu de la réunion de chantier du 18 novembre 1993. Médiathèque du Patrimoine, DOE 1634.

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